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TÊTES D'AFFICHE

TÊTES D'AFFICHE

Prix régional Innovation infirmière Banque Nationale et grands gagnants du prix Innovation infirmière Banque nationale 2021 de l’OIIQ 

Lauréates et lauréat : Mise en place d’une unité d’isolement et de services adaptés pour les personnes en situation d’itinérance atteintes de la COVID-19 et présentant des besoins concernant l’usage de substances psychoactives.

De gauche à droite : Marie-Ève Carignan, Karine Tremblay, Éliocha Cournoyer, Jessica Berardino, Sophie Sanfaçon, Mélanie Beausoleil, Guylaine Dupuis, Mathieu Isabel, Stéphanie Dupre, Lucie Goismier, Cynthia Abel Barriault

Au moment de publier cette entrevue, réalisée avant l’annonce des gagnants du Prix Innovation infirmière Banque Nationale 2021 de l’OIIQ, nous avons appris que les représentants de l’ORIIM/L ont remporté le grand prix. C’est donc avec une fierté encore plus grande que nous partageons avec vous l’échange que nous avons eu le privilège d’avoir avec l’équipe. Nous profitons de cette tribune pour les féliciter très chaleureusement pour cette reconnaissance très méritée. Bravo à toute l’équipe!

Pouvez-vous résumer pour nos membres en quoi consiste votre projet?

Où s’isoler quand on n’a pas de domicile et comment s’isoler quand on a un trouble de l’usage de substances? Ces questions ont été la bougie d’allumage de la mise en place, à l’ancien hôpital Royal-Victoria, de l’unité d’isolement pour personnes en situation d’itinérance atteintes de la COVID. Basé sur des pratiques de réductions des méfaits, ce projet visait à permettre un isolement confortable et sécuritaire de cette population en répondant, entre autres, aux besoins spécifiques des personnes consommant des drogues, tels les opiacés, et de l’alcool. Par la mise en place de deux programmes uniques en leur genre au Québec, soit un programme de gestion de l’alcool (PGA) et un d’approvisionnement sécuritaire (safer supply), près de 330 personnes ont pu s’isoler. Cette unité a été la première de ce genre à se mettre en place au Québec en ouvrant ses portes le 31 mars 2020.

Parlez-nous des éléments ou événements qui ont amené votre équipe à mettre en place ce projet. Qu’est-ce qui l’a inspirée et incitée à aller de l’avant? 

C’est dans le contexte pandémique de la COVID-19 et devant la rapidité de transmission dans la population itinérante que la nécessité du projet a vu le jour. Nous ressentons de la fierté d’avoir joint nos efforts à ceux des autres au regard de la pandémie tout en gardant notre spécificité concernant la clientèle vulnérable. Nous avons permis aux personnes en situation d’itinérance d’avoir accès à un environnement sécuritaire, adapté à leurs besoins et sans jugement. D’ailleurs, l’existence de cette unité favorisait l’accès au dépistage, les personnes sachant qu’advenant un test positif, elles seraient bien accueillies à l’unité, sans crainte de subir un sevrage.

Comment avez-vous réagi à l’annonce de votre sélection comme l’équipe gagnante pour représenter l’ORIIM/L au Grand prix Innovation infirmière Banque Nationale de l’OIIQ? 

L’équipe a été très heureuse, compte tenu de l’énergie et des efforts colossaux consacrés à développer l’offre de service tout en répondant aux besoins spécifiques de cette population. Elle a reçu cette annonce comme un geste de reconnaissance du travail accompli nous procurant ainsi un grand sentiment de fierté. Elle est aussi enthousiasmée de voir des pratiques novatrices en matière de dépendance aux drogues mises ainsi en lumière.

Pouvez-vous décrire l’impact de cette reconnaissance sur votre pratique infirmière quotidienne? 

Cette reconnaissance est venue confirmer que le personnel infirmier occupe un rôle central dans la mise en place des services offerts au Royal-Victoria, et, de façon plus large, valoriser la pratique infirmière peu connue que sont les soins de santé auprès des personnes en situation d’itinérance. Cette reconnaissance nous incite à poursuivre notre engagement auprès de cette population et à faire preuve d’audace et de créativité dans notre façon d’offrir des soins.

Ce fut aussi une belle façon de mieux faire connaitre le rôle et le leadership infirmier auprès de différents partenaires et professionnels moins familiers avec ce champ de pratique : ce projet suscite beaucoup d’intérêt!

Qu’auriez-vous à dire aux infirmières et infirmiers qui hésitent à soumettre leurs projets novateurs lors de l’appel de candidatures pour ce concours?

D’aller de l’avant et d’oser! C’est lors de la rédaction du document de projet que nous avons réalisé l’ampleur du travail accompli. Nous considérons que la mise en candidature d’un projet novateur permet le partage d’idées et favorise l’avancement du rôle du personnel infirmier et de la profession.

Auteures et auteur : L’équipe ayant participé au projet - Marie-Ève Carignan, Karine Tremblay, Éliocha Cournoyer, Jessica Berardino, Sophie Sanfaçon, Mélanie Beausoleil, Guylaine Dupuis, Mathieu Isabel, Stéphanie Dupre, Lucie Goismier, Cynthia Abel Barriault

Prix Coup de cœur : La mise en œuvre d’un programme de mobilisation précoce par les infirmières aux soins aigus cardiovasculaires 

De gauche à droite : Dr Michael Goldfarb, Diana Dima, Joelle Bérubé, Sarah Wan, Diane Brault, Julie Valiquette, Valérie Giguère, Martine Gagnon, Althea McBean, Nadia Susel

Le programme de mobilisation précoce pour patients souffrant de troubles cardiovasculaires au centre cardiovasculaire Azrieli a pour but de conserver et de rétablir la mobilité des patients hospitalisés une fois redevenus hémodynamiquement stables. Maintes études ont démontré que la mobilisation précoce s’avère très avantageuse pour la population en phase critique afin de prévenir plusieurs complications et d’améliorer les résultats. La plupart des patients cardiaques étant souvent laissés alités plus longtemps à la suite de leur problème cardiaque sous prétexte de laisser le cœur se reposer, cette mobilisation précoce n’est pas utilisée de façon optimale. Une équipe interdisciplinaire a donc conçu ce programme pour combler cette lacune et remettre la mobilisation comme priorité de soins pour les infirmières et infirmiers. Leurs évaluations et leur jugement ont confirmé que le personnel infirmier met en place les interventions nécessaires afin de faire progresser la mobilité de leurs patients. Depuis la conception et la mise en place de ce programme jusqu’aux bénéfices en découlant, le rôle et les compétences de l’infirmière et de l’infirmier ont été centraux et essentiels pour améliorer le statut de leurs patients. En incluant les familles et en les encourageant à intervenir auprès de leur proche, nous assurons aussi des soins prodigués de façon holistique. Des vidéos et des dépliants éducatifs ont permis au personnel infirmier de mieux communiquer avec les familles, pendant que le protocole de mobilisation permet de mieux faire part à l’équipe soignante du progrès de ses patients.

Grâce à nos recherches sur l’implantation du programme dans notre centre cardiaque, nous avons pu démontrer que non seulement la mobilisation précoce des patients admis à l’unité de soins intensifs cardiovasculaires est faite de manière sécuritaire, mais aussi qu’elle augmente le nombre de mobilisations (incluant leur documentation) offertes. Le programme a aussi démontré une amélioration de la mobilité des patients dans la majorité des cas, ainsi qu’une augmentation de leur nombre retournant à leur domicile après un épisode de soins comparativement à un centre de réadaptation ou en hébergement. Nous avons pu aussi déterminer les barrières à l’adoption du programme et trouver les meilleurs moyens d’importer avec succès ce type de programme dans d’autres unités de soins, cardiovasculaires ou non. Notre programme a été implanté dans d’autres établissements à Montréal et nous espérons qu’il s’avèrera utile dans tout le pays. Finalement, le Conseil canadien des infirmières et infirmiers en soins a endossé ce programme et notre équipe continue de le promouvoir grâce à maintes conférences nationales et internationales.

Comme coleader de ce projet, j’ai été vraiment heureuse de voir ce programme reconnu comme coup de cœur par l’ORIIM/L, nouvelle publiée dans le bulletin infirmier de notre CIUSSS, et aussi d’avoir eu le soutien nécessaire de la DSI pour faire décoller et agrandir ce projet. Je suis convaincue que les projets d’innovation infirmière les plus durables et ayant le plus de succès sont ceux qui débutent et qui engagent les infirmières et infirmiers dans les unités de soins. Il est crucial de pouvoir compter sur la DSI pour réaliser ces projets d’amélioration de la qualité des soins.
Auteure : Diana Dima, M. Sc.(inf.), chef de service des IPS, CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal

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