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TÊTES D'AFFICHE

TÊTES D'AFFICHE

Prix Coup de cœur de l’ORIIM/L 2020

Parmi les projets reçus cette année pour le Prix régional Innovation infirmière Banque Nationale, deux projets ont mérité les prix Coup de cœur de l’ORIIM/L 2020 : « Espoir – Évaluation des symptômes des patients oncologiques pour intervention rapide » et « Offre de service en santé des personnes trans et non-binaires pour les jeunes en situation d’itinérance ». Félicitations aux participantes et participants !

Prix Coup de cœur : Espoir – Évaluation des symptômes des patients oncologiques pour intervention rapide du CIUSSS – Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal  

Le nombre de personnes vivant avec le cancer est en augmentation. Ces personnes veulent pouvoir soigner les symptômes de leur traitement. Puisque 90 % des de ces patients sont traités en mode ambulatoire, la gestion des symptômes complexes repose sur les épaules de la personne et de sa famille. Même si l’équipe interdisciplinaire d’oncologie dispose de nombreuses structures pour les aider à les gérer seuls, les besoins des patients ne sont pas totalement satisfaits. La plupart présentent des symptômes graves, nécessitant une intervention clinique immédiate, et se retrouvent aux urgences. Afin de pallier ce problème et d’améliorer la qualité des soins et l’accessibilité aux services des personnes vivant avec le cancer, la clinique d’oncologie du Centre du cancer Segal a mis sur pied un programme de gestion précoce des symptômes, nommé : ESPOIR (évaluation des symptômes des patients oncologiques pour intervention rapide).

Selon les écrits, il est possible d’éviter l’hospitalisation avec une gestion anticipée des symptômes, ainsi qu’un accès adapté permettant de répondre aux besoins urgents des patients atteints de cancer. Ce programme créé par des infirmières et infirmiers inclut les volets suivants :

  1. L’élaboration d’un programme d’enseignement précoce, incluant une boîte à outils avec du matériel éducatif, basé sur les symptômes courants et les préférences de la personne en matière de formation (vidéos, fiches d’information, suivi des appels téléphoniques, soutien des patients partenaires).
  2. La création d’un système de triage téléphonique, afin d’améliorer l’accès à une infirmière spécialisée en oncologie. Les infirmières s’appuient sur des données probantes à l’aide d’un outil de triage téléphonique validé et informatisé
  3. La création d’une clinique d’urgence en oncologie nommée : Centre d’évaluation et de traitement oncologique (CETO), qui permet aux personnes de recevoir des soins par rapport à leurs symptômes urgents.
  4. La création et l’implantation des ordonnances collectives, pour aider à assurer un traitement rapide et pertinent, destiné aux besoins des soins urgents, notamment pour la neutropénie fébrile.

Le programme a été officiellement été lancé le 1er janvier 2018.

L’outil de triage électronique facilite l’évaluation, la surveillance clinique des personnes, le suivi infirmier des personnes et l’extraction de données. Le programme inclut la création d’un accès adapté pour des soins d’urgence dans la clinique d’oncologie ambulatoire, dans laquelle les personnes peuvent se présenter pour recevoir des soins par rapport à leurs symptômes. Cette clinique a été nommée : Clinique d’évaluation et traitements oncologiques (CETO). Elle est composée d’infirmières et d’infirmiers, ayant reçu une formation spécifique pour l’évaluation, le suivi et les interventions auprès de cette population de patients.

Depuis le lancement de la ligne d’assistance téléphonique, le personnel infirmier a répondu à plus de 1800 appels téléphoniques pour la gestion des symptômes des personnes. En moyenne, parmi ces appels, seulement 3 % des personnes ont été directement envoyés au service d’urgence après avoir parlé avec l’infirmière ou l’infirmier. D’autre part, 40 % des personnes ont été informés sur la gestion des symptômes de leurs soins et 14 % ont eu rendez-vous avec leur médecin ou une ou un IPS. Par ailleurs, 20 % des personnes ayant appelé ont été invités à se rendre à la CETO pour une évaluation ou un traitement. Et, 15 % ont reçu un appel téléphonique de suivi le lendemain pour réévaluer leurs symptômes.

Le programme ESPOIR renforce le rôle du personnel infirmier dans la prestation de soins à distance, grâce à l’élaboration de lignes directrices, à un outil de triage et de documentation, à la formation des infirmières et infirmiers, ainsi qu’à des partenariats avec des chercheurs en soins infirmiers, pour documenter les résultats sur l’efficacité des préférences des patients à recevoir du matériel éducatif concernant leurs symptômes. Le programme contribue également à l’avancement de la profession infirmière, car il vise à clarifier les rôles uniques de divers professionnels en soins infirmiers (infirmière clinicienne, IPO et IPS), dans la structure de prestation des soins à distance. De plus, la collaboration entre plusieurs hôpitaux a ajouté de la richesse au projet.

En date d’aujourd’hui, cette initiative dirigée par les soins infirmiers a permis la création de la ligne téléphonique (Info-Onco), qui a répondu à plus de 1800 appels de personnes suivant des traitements actifs. Nous avons également accueilli plus de 1700 personnes au CETO, tout en réduisant de 40 % les visites potentiellement évitables à l’urgence. Grâce à nos initiatives, les patients oncologiques bénéficient de soins rapides par rapport à leurs symptômes.

Prix Coup de cœur : Offre de service en santé des personnes trans et non-binaires pour les jeunes en situation d’itinérance du CIUSSS – Centre-Sud-de-l’Île-Montréal 

En 2018, au CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal (CCSMTL), l’équipe de la clinique Jeunes de la rue a constaté que nombre de jeunes des minorités sexuelles lesbiennes, gais, transgenres, queers et bispirituelles (LGBTQ2S) étaient surreprésentés chez les personnes en situation d’itinérance et qu’ils n’avaient pas accès à des services adaptés pour leurs besoins spécifiques.

Face à ce constat, et à la suite de l’initiative de l’IPSPL intègrant un nouveau rôle, l’équipe clinique avec la direction Programmes santé mentale et dépendance ainsi que la direction des soins infirmiers (DSI) du CCSMTL ont décidé de mettre en place une offre de services destinée plus précisément aux personnes trans et non-binaires, qui présentent souvent des besoins spécifiques en santé physique, parmi les jeunes de la rue. Notre but est de leur offrir des soins globaux et de proximité correspondant à leurs besoins. L’équipe interdisciplinaire, avec l’IPSPL comme intervenant central, aide ces personnes dans leur transition au moyen d’hormones et d’accompagnement psychosocial et les épaule en cas de désir de chirurgie afin de réduire l’incongruence de genre et la souffrance qui peut y être associée.

Outre les services spécifiques à la transition, l’approche mise en place permet d’offrir des soins de santé généraux et de santé mentale en première ligne inclusifs pour les personnes trans et non-binaires. Toute l’équipe interdisciplinaire a un rôle précis qui respecte le champ de pratique de chaque professionnel et la transdisciplinarité de cette offre de service propose des soins de santé et de services sociaux holistiques. Elle a été implantée en janvier 2019 et, à ce jour, une vingtaine de personnes qui n’auraient pas été admissibles à des programmes traditionnels destinés aux personnes trans et non-binaires y ont reçu des services.

Le modèle choisi pour les soins se base sur l’approche par consentement éclairé qui, bien que reconnu comme étant une bonne pratique de soins par l’Association professionnelle mondiale pour la santé des personnes transgenres (WPATH, 2013), est encore peu répandu. Cette approche améliore l’accès aux soins en offrant en première ligne, dans un même lieu, l’évaluation et le traitement de l’incongruence de genre et le suivi général des usagers, sans avoir systématiquement recours à des services en médecine spécialisée. L’IPSPL, en collaboration avec le médecin, participe à l’évaluation de santé des personnes et à l’élaboration du plan de traitement médical.

Les infirmières et infirmiers élaborent un plan d’éducation à la santé adapté à l’usager et participent à la promotion de la santé et à la prévention de la maladie, notamment sur le plan de la santé sexuelle, de la dépendance aux drogues et dans le développement de leur autonomie concernant l’autoadministration d’hormonothérapie. Lorsqu’indiqué, l’IPSPL commence aussi la prophylaxie pré ou postexposition contre le VIH. La travailleuse sociale et la psychologue de l’équipe sont disponibles pour répondre aux besoins psychosociaux, incluant le soutien dans les démarches légales, liés au processus de transition des jeunes.

Depuis sa création, la clinique Jeunes de la rue offre des soins de santé basés sur un modèle humaniste. Les concepts d’accueil à bas seuil, de réduction des méfaits, de l’approche motivationnelle et de pratique intégrant la notion de trauma sont au cœur des soins qui y sont dispensés.

L’IPSPL est le porteur principal du projet et, en tant que praticien de pratique avancée, au fait des besoins non comblés des usagers transgenres et non-binaires. Il a dressé un portrait convaincant de la situation et a fait preuve de leadership pour en discuter avec ses collègues et avec la Direction des soins infirmiers (DSI). De plus, il met à contribution ses compétences en coaching et en éducation à la santé pour élaborer et donner une formation aux infirmières et infirmiers de l’équipe.En plus, il contribue à la formation des stagiaires infirmières et externes en médecine.

Le déploiement de ce projet reconnaît l’expertise de l’IPSPL dans tout son champ de pratique. Par son approche globale, son évaluation avancée de l’état de santé, il tient compte de la compréhension et de l’analyse des dimensions biologique, physique, mentale, psychologique, sociale et spirituelle avec la clientèle trans. Il participe à la réflexion critique et la prise de décision éthique de la situation complexe du jeune de la rue qui se questionne par rapport à son changement d’identité. Il accompagne le jeune dans ces étapes. L’IPSPL participe à l’innovation en développant des compétences et des connaissances non usuelles en première ligne tant en sciences infirmières qu’en médecine familiale sur la santé des personnes transgenres et non-binaires. Il devient ainsi une référence pour ses collègues tant sur le plan des connaissances que sur l’aspect de l’intégration de pratiques innovantes.

La collaboration interprofessionnelle est essentielle à ce projet. La présence des différents professionnels rassemblés dans un seul lieu, avec un accès rapide, à bas seuil d’exigence, est un facteur important du succès du projet. Les services à bas seuil d’exigence visent à abolir tout obstacle pouvant se dresser devant la personne dans sa démarche de soins et son accès aux services de santé, une structure de soins fondamentale à la clinique Jeunes de la rue. En plus des cinq infirmières, l’équipe est composée d’une travailleuse sociale, d’une psychologue, et d’un médecin.

Ce projet de la mission CLSC du CIUSSS Centre-Sud est un programme de première ligne solidement ancré dans le domaine de la santé urbaine. Les professionnels font une partie du travail en proximité dans la communauté. Nous avons des liens avec les organismes Action Santé Travesti(e)s et Transsexuel(le)s du Québec (ASTT(e)Q) et Projet 10 qui offrent du soutien aux jeunes LGBTQ2S et, spécifiquement, aux personnes trans et non-binaires. Nous comptons aussi sur la collaboration des hébergements d’urgence et du réseau des auberges du cœur.

Depuis l’ajout de cette offre de service, c’est une cohorte d’environ 29 jeunes âgés de 18 à 25 ans qui ont ainsi pu bénéficier de services intégrés, adaptés et sensibles à leur identité de genre et favorisant leur pleine implication au sein de l’équipe traitante à titre de partenaire de soins.

Oui, de par son caractère novateur et unique au Québec, le déploiement de ces services a fait l’objet de visibilité au sein du CIUSSS du Centre-Sud de l’Île-de-Montréal, ainsi qu’au niveau provincial.

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