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TÊTES D'AFFICHE

TÊTES D'AFFICHE

Les expertises infirmières au service des personnes itinérantes 

La clinique infirmière McGill-Bonneau offre des services infirmiers deux jours par semaine et implique un partenariat entre un organisme communautaire œuvrant avec une population itinérante marginalisée dont l'accès aux soins est non satisfait et une université pouvant combler ce besoin de soins en santé publique. La mission première de l'université est la formation académique et clinique de futures infirmières bachelières, dont une des particularités est l'acquisition de compétences en santé communautaire. C'est de ce désir commun de service à la population que la clinique a vu le jour comme projet pilote en septembre 2017. Vu les succès de la clinique, nous avons eu depuis un renouvellement jusqu'en 2023. À l'Accueil Bonneau, la clientèle dont les besoins de santé sont les plus importants sont les résidents des quatre maisons (Joseph-Vincent, Claire-Ménard, Paul-Grégoire et Eugénie-Bernier), ainsi que ceux du service post-hébergement et projet Logement Montréal, qui ont tous un passé d'itinérance et qui sont maintenant logés dans des studios gérés par l'Accueil Bonneau.

Depuis septembre 2017, notre infirmière clinicienne et les étudiants ont enregistré plus de 610 visites. La clinique accueille 18 étudiants par année, soit six à l’automne, six à l’hiver et six au printemps durant leur stage en santé communautaire. La clinique reste fonctionnelle durant les mois d’été, ce qui donne ainsi la chance aux professeurs en sciences infirmières de McGill de voir cette population et de parfaire leurs connaissances. La population itinérante fait face à un taux de mortalité plus élevé que la population générale; cette situation peut s’expliquer par divers facteurs de risque, tels que la consommation d'alcool, de drogues illicites et de tabac, ainsi qu’un taux plus élevé de problèmes de santé mentale. C’est ce que l’on constate à la clinique McGill-Bonneau, et les maladies chroniques les plus souvent rapportées sont le diabète, l'asthme, la maladie pulmonaire obstructive chronique, l’insuffisance cardiaque, l’insuffisance rénale, l’hypertension artérielle et les divers problèmes de santé mentale.

La population nous rapporte que ses besoins en soins de santé étaient souvent non satisfaits malgré notre système de santé public. Les barrières les plus souvent rapportées étaient de la discrimination et des préjugés, les longs temps d’attente, les limites par rapport au transport et un manque de connaissances des professionnels de la santé envers elle. C’est ce qui constitue, je crois, l’importance primordiale de la clinique McGill-Bonneau; sans la clinique, toutes ces personnes seraient difficilement vues par les professionnels de la santé. Nous avons également établi un corridor de services avec des médecins omnipraticiens qui viennent combler les besoins de santé des résidents se trouvant à l’extérieur du champ de pratique des infirmières.

Lorsque l’on m’a annoncé la bonne nouvelle du prix Innovation clinique pour la région Montréal-Laval, mon collègue Hugo Marchand et moi étions très fiers et surtout très heureux de pouvoir disséminer l’importance de notre projet clinique à toute notre région. Notre souhait le plus cher est que cette expérience se répète ailleurs afin que les populations vulnérables et marginalisées puissent bénéficier de justice sociale et d’équité.

Françoise Filion, infirmière

 

Line Beaudet – Prix Florence 2019 – Excellence des soins 

  1. Pour vous, que signifie ce prix ?

Le prix Florence 2019, qui m’a été remis pour l’Excellence des soins, représente à la fois une mission accomplie et un tremplin pour concrétiser une foule d’idées nouvelles. Depuis plus de 34 années, j’œuvre avec passion auprès des personnes vivant avec une maladie neurologique, des proches aidants et des équipes interdisciplinaires des milieux de la santé et communautaire afin d’offrir des soins et services de qualité et accessibles à toute la population, et ce, en accord avec l’évolution des besoins des clientèles, des connaissances et des technologies. Recevoir ce prix provenant de mes pairs, issus de la clinique, de l’enseignement et de la recherche, signifie, d’une part, que j’ai réussi à allier ces trois domaines de la pratique infirmière et à apporter ma contribution aux personnes, aux intervenants, aux organisations et à la société québécoise. D’autre part, cela m’encourage à poursuivre les travaux amorcés, ceux que j’envisage pour l’avenir ainsi que ceux que je soutiens comme mentor avec la vision humaniste, systémique et rigoureuse qui me caractérise.

  1. Que vous apporte ce prix ?

Ce prix m’amène à faire un bilan de carrière, bien sûr, mais aussi à réfléchir et à m’engager pour l’avancement de la profession infirmière au Québec, à l’aube de 2020. Au quotidien, je collabore avec des infirmières d’expérience et de la relève, des infirmières gestionnaires, enseignantes, de pratique avancée et chercheuses, qui œuvrent avec une passion semblable à la mienne auprès des personnes qu’elles soutiennent dans leur expérience de santé. Une formation universitaire solide et un développement professionnel continu, fondés sur des savoirs scientifiques et éthiques, contribuent au déploiement du champ de pratique, de l’identité professionnelle et des compétences infirmières au bénéfice de soins optimaux, accessibles, intégrés, efficients, sécuritaires et de qualité que requiert et réclame la population québécoise, tout comme celle des autres provinces et des autres pays.

Il m’apparaît également essentiel de mettre en place des conditions facilitant l’éducation universitaire ainsi que des conditions de valorisation, d’attraction et de rétention de l’ensemble des infirmières tenant compte des défis démographiques et environnementaux, des percées technologiques incessantes, de la complexité des besoins de la population, de la charge de travail cognitive, physique et mentale, de même que sur le plan de la vie personnelle, familiale et professionnelle de ces infirmières et infirmiers. Ces éléments s’avèrent fondamentaux pour l’avenir de la profession infirmière en permettant à ses membres d’accomplir avec brio leur rôle essentiel au sein du système de santé actuel et futur, d’offrir l’excellence des soins et de poursuivre une carrière gratifiante s’échelonnant sur plusieurs décennies.

  1. Avec ce prix, quel message aimeriez-vous envoyer aux infirmières et infirmiers ?

Au cœur de notre ordre professionnel régional, nombre d’infirmières font une réelle différence dans la vie des personnes et des proches aidants qu’elles servent, quel que soit leur milieu de pratique, comme en témoignent les mots et les cartes reçus des familles, les sondages d’expériences patients et le capital d’empathie de la population à leur égard. Mettons davantage en évidence les exemples d’excellence des soins sur le plan local et régional. Saisissons toutes les occasions à notre portée pour reconnaître la contribution de chacune et chacun au mieux-être des concitoyens. Par l’excellence de leurs soins au quotidien, ces infirmières et infirmiers s’avèrent aussi des Florence dans l’âme et permettent l’amélioration des résultats de santé, la révision et l’adoption de meilleures pratiques, l’accomplissement de la mission des organisations et l’efficience accrue du système de santé québécois. Proposer au cours de différents événements des collègues démontrant une excellence des soins dans vos milieux respectifs, c’est promouvoir un environnement de travail et de collaboration enrichissant, mais c’est aussi créer une mosaïque de modèles de rôle inspirants pour les infirmières et infirmiers actuels ainsi que pour les générations futures.

Line Beaudet, Inf., Ph. D.
Conseillère senior en soins spécialisés et en recherche clinique, CHUM
Chercheuse régulière, CRCHUM
Professeure associée, Faculté des sciences infirmières, UdeM

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