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TÊTES D'AFFICHE

TÊTES D'AFFICHE

Une carrière fascinante, un parcours hors du commun

Connaissez-vous le salaire mensuel d'une infirmière en 1964? L'infirmière nouvellement diplômée qu'était madame Arseneau recevait 325 $ par mois pour un travail à temps plein. En plus de ce travail acharné aux unités de soins obstétriques, médicaux et chirurgicaux et opératoires, elle a relevé bien d'autres défis, notamment celui d'être hôtesse officielle à l'Expo 1967 et de servir dans l'Armée canadienne avec le grade de capitaine réserviste pendant 12 ans.

La détermination de cette femme et sa personnalité de « fonceuse » l'ont menée à une carrière passionnante d'infirmière soignante dans plusieurs domaines de pratique : soins en santé physique et en santé mentale dans des centres hospitaliers, soins en santé et sécurité au travail dans de grandes entreprises, comme la défunte chaîne alimentaire Steinberg ou l'hôtel Le Reine Elizabeth. Dans le secteur privé, elle a eu une pratique autonome comme « case manager » (gestionnaire de cas) de personnes aux prises avec des problématiques de santé mentale dans leur démarche de réintégration au marché de travail. Ce rôle de gestionnaire de cas se traduit surtout par l'accompagnement de ces personnes dans leur projet de renforcement ou de reconstruction de leurs forces.  

Simultanément, elle avait su porter la voix de ses collègues infirmières aux hautes instances et notamment auprès de plusieurs conseils d'administration (CA) : notamment celui de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), mais aussi celui du Centre hospitalier Douglas et du Syndicat régional des infirmières et infirmiers unis. En 1989, elle s'est impliquée activement dans des négociations provinciales pour la défense des conditions de travail des infirmières.

Parallèlement, madame Arseneau s'est enthousiasmée pour l'avancement de la profession. Elle a été élue administratrice au CA de l'OIIQ pour deux mandats (2006-2010). Pour l'Ordre régional des infirmières et infirmiers de Montréal/Laval (ORIIM/L), elle a rempli avec brio divers rôles : vice-présidente, trésorière, et conseillère pendant 12 ans. Ses yeux s'enflamment quand elle parle de son passage comme présidente du Conseil des infirmières et infirmiers (CII) du Centre hospitalier Douglas et de son travail en collaboration avec les autres infirmières pour la mise en place du Regroupement des CII des hôpitaux québécois en psychiatrie. Bien qu'elle éprouve une certaine nostalgie de l'image des infirmières d'autrefois en uniforme blanc qui commandaient le respect presque absolu du personnel infirmier de soutien, et qui détenaient une autorité indiscutable pour maintenir l'ordre dans l'unité de soins, elle affirme avec conviction et passion que la profession infirmière d'aujourd'hui nécessite des études universitaires. Selon elle, ces études préparent les infirmières québécoises du 21e siècle à prendre pleinement leur place par rapport aux professionnels des autres disciplines qui ont une formation universitaire. En d'autres termes, plus poétiques, madame Arseneau a précisé que les études universitaires servent autant de base essentielle, mais aussi de tremplin afin que chaque infirmière s'avère l'étoile rayonnante dans le système de services de santé.

En outre, il faut souligner aussi sa contribution non négligeable dans la communauté comme présidente du CA de « Alumni Association of Montreal General Hospital School of Nursing » (Amicale des anciennes infirmières diplômées de l'Hôpital général de Montréal) qui attribue des bourses d'études aux étudiantes de l'école des soins infirmiers de l'Université McGill et des trois collèges anglophones; elle est aussi l'actuelle coprésidente du CA de l'organisme communautaire « Centrami » voué au maintien ou au développement de l'autonomie des personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale.

Finalement, après un demi-siècle de pratique en soins infirmiers, madame Arseneau refuse de se reposer sur ses lauriers, elle se passionne encore dans l'accompagnement des personnes vulnérables dans leur déplacement et dans les soins de chiens dont certains souffrent de problèmes d'anxiété. 

Truc Huynh,
Infirmière

 

Barbara Arseneau, hier et aujourd'hui

 

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