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TÊTES D'AFFICHE

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Mourir chez soi : comprendre l’impact du travail réalisé par l’équipe d’infirmières en soins palliatifs au CLSC Verdun

Le CLSC Verdun a mis sur pied, il y a quelques années, une équipe d’infirmières qui se consacre aux soins palliatifs. En 2011, la nécessité de mieux documenter l’impact du travail de ces infirmières s’est imposée. En effet, sans données précises sur la clientèle en fin de vie, il n’est pas possible d’affirmer quoi que ce soit sinon que les infirmières travaillent beaucoup, que les patients et leurs familles sont satisfaits, et que les décès à domicile semblent de plus en plus fréquents.

L’équipe du CLSC a décidé d’innover en amorçant un projet de recherche terrain qui permet de répondre à certaines questions. La recherche a porté sur une année, 2012. Durant cette période, tous les patients décédés en soins palliatifs et qui étaient suivis par une infirmière de l’équipe des soins palliatifs du CLSC, soit 110 patients, ont fait l’objet d’une cueillette de données portant sur des variables précises. Les patients étaient tous des résidents du territoire du CSSS Sud-Ouest Verdun atteints d’un cancer, à l’exception de quatre personnes qui présentaient une condition cardiaque ou pulmonaire terminale.

À la fin de l’année 2012, la charge de cas des infirmières de l’équipe a été examinée à la loupe afin de s’assurer que les données étaient complètes, c’est-à-dire que tous les patients avaient été recensés, quel que soit le lieu du décès. La saisie des données a été faite à l’aide du logiciel Excel, outil de compilation et d’analyse idéal pour les besoins de l’étude.

Les résultats de la recherche ont indiqué que 55 % des patients suivis par les infirmières de l’équipe sont décédés à domicile, soit 59 sur 110. À titre de comparaison, les données du MSSS concernant les patients décédés d’une tumeur sur le territoire du CSSS Sud-Ouest Verdun, de 2000 à 2009 inclusivement, indiquaient qu’une moyenne de 12 % des patients était décédée à domicile.

Des situations trop complexes pour les familles ou des hospitalisations en urgence représentent les principaux facteurs qui ont conduit à un décès hors domicile.

Parmi les neuf patients n’ayant pas été suivis par un médecin à domicile, un seul a pu choisir de mourir à domicile. Cela indique à quel point la présence du tandem « infirmière-médecin » est indispensable pour faciliter le décès à domicile. La durée de la dernière hospitalisation a été, dans 20 % des cas, de moins de 24 heures.

L’ensemble des variables a été examiné en regard du lieu de décès. Citons à titre d’exemple de variable : le groupe d’âge, le lien de l’aidant avec la personne malade, le type de cancer. Les résultats ont fait l’objet d’un rapport qui a été soumis à nos directeurs et qui a fait l’objet de recommandations. Nous avons proposé, bien sûr, de poursuivre le travail d’analyse afin de connaître plus précisément les raisons pour lesquelles certains patients ne décèdent pas à domicile, répondant ainsi à la question : « Pourrions-nous permettre à un plus grand nombre de patients de mourir à domicile lorsqu’ils le souhaitent? ». En d’autres mots : « Pourrions-nous faire mieux? ».

Brigitte Gagnon, inf.
Porte-parole du projet « Mourir chez soi »

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