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TÊTES D'AFFICHE

TÊTES D'AFFICHE

L’empreinte des soins infirmiers au quotidien sans tambour NI TROMPETTE

L’échange d’un sourire.

Un regard empreint de sollicitude.

Une intervention que l’on fait durer, exprès.

Un toucher plus doux que nécessaire.

Perry (2006)

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La profession infirmière prend sa force, car elle compte le plus grand nombre de membres par patient en comparaison des autres professions de la santé. De plus, ils assurent une présence constante, et ce, en étant très proches des patients quotidiennement.

Pourtant, l’aspect « ordinaire » de tous les jours des infirmières au chevet des patients semble être peu étudié dans la littérature scientifique (Palmer, 2015) et être rarement à la une des médias. Ce texte décrit brièvement la perspective des patients concernant les soins donnés par une équipe d’infirmières dans l’unité de soins postopératoires thoraciques à l’Hôpital général de Montréal. Les deux récits suivants rapportent deux épisodes de soins spécifiques qui illustrent des soins exemplaires de cette équipe d’infirmières et d’infirmiers.

Deux récits où « prendre soin de » acquiert tout son sens

Effectivement, Dawn et Suzie ont su révéler leur humanisme nuit après nuit dans leur dispensation des soins infirmiers (le prendre soin) des patients dans l’ombre. Par leurs interventions, ces deux infirmières incarnent « le prendre soin » et non juste « le faire des soins » (Hesbeen, 1999).

L’histoire de Dawn

Même si elle est responsable de sept patients qui ont été opérés le matin et qui ont besoin d’urgence d’un soulagement de leur douleur postopératoire et de changement de pansements, Dawn n’a pas hésité à sortir, puis à revenir plus de deux fois pour que l’analgésique fasse effet avant le nettoyage d’une nouvelle trachéotomie d’un patient. Elle a su répondre avec compassion à la souffrance grave de ce patient, qui reste sans paroles post-trachéotomie. En effet, en retardant ce nettoyage de trachéotomie, elle a cumulé des retards dans l’exécution des soins des autres patients, mais elle a bien pris soin de ce patient avant même de lui faire des soins techniques.

L’histoire de Suzie

Suzie, qui avait une attitude empathique et une présence apaisante, a passé la plupart de son temps à discuter longuement et calmement avec les six patients dont elle devait s’occuper. Elle leur a parlé de leur état global postopératoire et de leur cheminement vers la convalescence en plus de leur donner des soins : prise des signes vitaux, changement de sonde et dispensation des médicaments. Sa voix chaleureuse a réconforté les patients, elle a résonné pendant de longues nuits d’hospitalisation et elle s’est avérée un bon souvenir d’hospitalisation chez un patient.

Des histoires empreintes d’humanité

À la lumière de ces histoires peu sensationnelles et « anodines », mais empreintes d’humanité, Dawn et Suzie font rayonner la profession infirmière, car elles sont à la hauteur des défis grandissants de la pratique des soins infirmiers. Elles réalisent des interventions techniques tout en étant un point d’ancrage, de contact humain plein de douceur pour les patients durant des moments nocturnes de souffrance et de solitude (Hasbeen, 1999; Berry, Danaher, Chapman et Awdish, 2017).

Truc Huynh, inf., Ph. D
Responsable du comité Communic@tions

Vous avez une histoire comme celle-ci à partager? Vous avez des commentaires à l’égard de ce texte? Écrivez-nous

En avant, de gauche à droite : Nancy Oppong, inf., Tia Nicholls-Wallace, inf., Anusha Changia, inf., Harshada Patel, préposée aux bénéficiaires, Maude Pouliot, inf., Selena Fitzgerald, infirmière-éducatrice, Jian Gao, préposée aux bénéficiaires. En arrière, de gauche à droite : Dawn Messett, inf., Sanga Kittikhoun, inf., Alessandra Di Fulvio, inf. gestionnaire, Basheer Tahrini, inf., Marcia Ryan, inf. assistante à l’infirmière gestionnaire.

 

Références

Berry, L. L., Danaher, T. S., Chapman, R. A. et Awdish, R. L. A. (2017). Role of Kindness in Cancer Care. Journal of Oncology Practice. Prépublication en ligne. doi:http://dx.doi.org/10.1200/JOP.2017.026195

Hasbeen, W. (1999). Le caring est-il prendre soin? Perspective soignante, 4, 1-20. Repéré à http://comjyeh.free.fr/0/Le%20Caring%20-%20Walter%20Hasbeen.pdf

Palmer, C. (2015, 14 septembre).The ordinariness of ‘good’ mental health nursing within the acute inpatient setting [Webinaire]. Repéré à https://www.city.ac.uk/events/2015/september/the-ordinariness-of-good-mental-health-nursing-within-the-acute-inpatient-setting

Perry, B. (2006). Conférence Schering 2005 : L’âme touchée par une infirmière : L’empreinte des soins infirmiers en oncologie exemplaire. Revue canadienne de soins infirmiers en oncologie, 16(1), 41-45. doi:http://dx.doi.org/10.5737/1181912x1614145

 


 

EXERCER EN SANTÉ MENTALE : CROIRE EN SES PATIENTS ET EN LEUR RÉTABLISSEMENT

Myriam Ménard
Myriam Ménard

Depuis cinq ans, Myriam Ménard travaille à l’Institut Douglas de Montréal. Récemment nommée conseillère à la pratique avancée en santé mentale, elle est responsable d’améliorer la qualité des soins en se basant sur la recherche et de s’assurer du transfert de connaissances.

Pourquoi avoir choisi la santé mentale?

« Un concours de circonstances », avoue-t-elle. Avant son premier enfant, elle travaillait aux soins intensifs en cardiologie; des plages horaires de douze heures, de jour ou de nuit, qui ne convenaient plus à une jeune maman. L’Institut Douglas, où elle avait déjà présenté son CV, lui a proposé de mettre en place une unité de convalescence au refuge La maison du père. « De fil en aiguille, je suis tombée en amour avec le domaine de la santé mentale. Je suis restée au Douglas où on m’a confié plusieurs beaux projets. »

» Lisez la suite Myriam Ménard, infirmière en santé mentale – Croire en ses patients et en leur rétablissementPerspective infirmière, septembre/octobre, 2017, vol. 14, no 4.

 


 

ATELIERS THÉMATIQUES DU CONGRÈS 2017

Saviez-vous que plusieurs infirmières de votre région ont animé des ateliers donnés au Congrès de l’OIIQ? Retour sur ces occasions d’échanges et d’apprentissage.

 

Dencia Jean-Paul
Infirmière clinicienne avec maîtrise en administration des services infirmiers

Dencia Jean-Paul
Dencia Jean-Paul

Atelier : Cohabitation des soins palliatifs et des soins curatifs : modèles d’organisation des soins infirmiers en milieux hospitaliers.

Qu’est-ce qui vous a amenée à choisir le sujet de votre atelier?

J’ai eu l’occasion d’exercer comme infirmière clinicienne dans deux milieux hospitaliers différents d’unités de soins mixtes (soins palliatifs et soins curatifs). J’y ai observé certaines lacunes en matière de soutien offert aux infirmières soignantes. Touchée par cette problématique, j’en ai fait le sujet de mon projet de maîtrise en sciences infirmières.

Qu’est-ce que les infirmières ont pu apprendre lors de votre atelier?

Elles ont pu :

  • Comprendre les raisons pour lesquelles je me suis penchée sur cette problématique;
  • Découvrir les bienfaits de la démarche de synthèse des connaissances;
  • Connaître les résultats issus de mon projet de maîtrise;
  • Connaître les stratégies de diffusion du projet de maîtrise.

Qu’est-ce que les gens ignorent au sujet de votre atelier?

Les étapes de la démarche de synthèse des connaissances sont souvent méconnues; pourtant, elle a avantage à être considérée et utilisée.

Les participants ont eu l’occasion d’identifier des stratégies pour soutenir les infirmières soignantes.

S’il y avait un élément à retenir de votre atelier, quel serait-il? 

La qualité de l’accompagnement des patients et des proches vivant une expérience de fin de vie est un aspect humain inestimable pour les infirmières soignantes. Les infirmières gestionnaires gagneraient certainement à outiller leur personnel soignant pour améliorer leur satisfaction au travail ainsi que la sécurité et la qualité des soins. L’atelier a été une belle occasion d’échanges et de sensibilisation à la réalité d’infirmières soignantes et d’infirmières gestionnaires.

 

Jennifer Clarke
Conseillère-cadre en soins en hébergement au CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-Montréal

Atelier : Prévalence des lésions de pression au CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-Montréal : des résultats intéressants, coanimé par Geneviève Leblanc, conseillère-cadre en soins en soutien à domicile et en ressource intermédiaire, et Jessica Emed, conseillère-cadre en soins infirmiers pour la pratique professionnelle

Jennifer clarke
Jennifer Clarke,  Geneviève Leblanc et Jessica Emed

Qu’est-ce qui vous a amenée à choisir le sujet de votre atelier?

Depuis la création de notre CIUSSS, la prévention des lésions de pression est une priorité pour la qualité et la sécurité des soins ainsi qu’un indicateur clé de notre direction des soins infirmiers.

Nous révisons notre programme afin qu’il découle des plus récentes données probantes et qu’il soit adapté à l’échelle du CIUSSS. C’est avec une équipe exceptionnelle que nous réalisons ce travail d’envergure d’harmonisation des pratiques, incluant les processus d’audit, dont la prévalence des lésions de pression.

Avec la réalité des CISSS et des CIUSSS de la province, mes coanimatrices et moi avons voulu partager notre expérience, autant pour stimuler des discussions avec des collègues que pour partager les réussites ainsi que les leçons apprises.

Qu’est-ce que les infirmières ont pu apprendre lors de votre atelier?

Lors de notre atelier, nous avons présenté :

  • Le processus d’harmonisation des pratiques en prévention des lésions dans notre CIUSSS;
  • Le processus d’étude de prévalence des lésions de pression pour chaque mission, incluant les résultats obtenus;
  • Les démarches et les interventions qui ont découlé de ces résultats.

Qu’est-ce que les gens ignorent au sujet de votre atelier?

Contrairement à ce que nous trouvons dans les écrits, c’est le taux de prévalence des lésions de pression chez une clientèle mobile vivant en hébergement ou en ressource intermédiaire qui nous a le plus surprises. Qui plus est, les lésions de pression recensées étaient davantage situées aux pieds et étaient de stade 1.

S’il y avait un élément à retenir de votre atelier, quel serait-il?

La prévention des lésions de pression est cruciale dans le contexte relativement récent des CISSS et des CIUSSS au Québec. Nous croyons qu’il est intéressant de présenter ce sujet comme une étude de cas. De plus, avec les résultats que nous avons obtenus, nous voulions partager notre expérience pour sensibiliser les infirmières au rôle clé qu’elles peuvent jouer pour cette clientèle à risque.

 

Urielle Étienne
Conseillère en soins infirmiers — volet hébergement au CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal

Urielle Étienne
Urielle Étienne

Atelier : Évaluation de la condition physique et mentale de la personne âgée en centre d’hébergement : développement et mise à l’essai d’une intervention de pratique réflexive.

Qu’est-ce qui vous a amenée à choisir le sujet de votre atelier?

Dans le cadre de ma pratique, j’ai constaté que les infirmières procèdent peu à l’évaluation de la condition physique et mentale de la personne symptomatique. C’est pourquoi j’ai conçu un projet pour aider les infirmières à utiliser davantage cet aspect de leur champ d’exercice.

Qu’est-ce que les infirmières ont pu apprendre lors de votre atelier?

Elles ont découvert une façon concrète de perfectionner leur capacité d’évaluation.

Qu’est-ce que les gens ignorent au sujet de votre atelier?

Je dirais que les gens sous-estiment les conséquences d’une évaluation incomplète ou tardive chez l’aîné.

S’il y avait un élément à retenir de votre atelier, quel serait-il? 

L’évaluation est une activité incontournable de l’infirmière. De plus, cet atelier a permis aux infirmières et aux gestionnaires de découvrir une stratégie de soutien des apprentissages, qui peut être utilisée dans le cadre de la formation ministérielle de 25 heures sur l’évaluation de la condition physique et mentale de la personne symptomatique.

 

Diane Nault
Infirmière clinicienne, consultante pour le Réseau québécois d’éducation en santé respiratoire (RQESR)

Diane Nault
Diane Nault

Atelier : Mise à jour dans le traitement de la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC), coanimé par Martine Gagnon, infirmière clinicienne et consultante pour le RQESR.

Qu’est-ce qui vous a amenée à choisir le sujet de votre atelier?

La MPOC est un problème santé publique important. Cette maladie respiratoire chronique, qui est souvent accompagnée de comorbidités, cause plusieurs décès au Québec.

Comme consultante au Réseau québécois d’éducation en santé respiratoire (RQESR), un OBNL dont la mission est d’aider les professionnels de la santé à développer leurs compétences auprès des gens atteints de maladies respiratoires, ce sujet me touche particulièrement.

Au sein d’une équipe interdisciplinaire, l’infirmière joue souvent le rôle de personne-ressource et d’éducatrice en autosoins. Pour être efficace et pour soutenir le patient et sa famille dans la gestion de la maladie, l’infirmière doit être à l’affût des meilleures pratiques, ce que notre atelier visait à présenter.

Qu’est-ce que les infirmières ont pu apprendre lors de votre atelier?

Nous avons abordé, notamment :

Qu’est-ce que les gens ignorent au sujet de la MPOC?

  • Le taux de mortalité de la MPOC connaît une hausse grandissante;
  • Le visage de la maladie change : dorénavant, plus de jeunes et de femmes ont un diagnostic de MPOC;
  • Depuis deux ans, une multitude de nouveaux médicaments et de dispositifs en inhalation sont disponibles.

S’il y avait un élément à retenir de votre atelier, quel serait-il? 

Les infirmières côtoient régulièrement les personnes atteintes de MPOC, qu’elles travaillent à l’urgence, aux soins intensifs, à domicile ou ailleurs. Ces patients ont besoin du soutien qu’elles peuvent leur apporter en matière de soins respiratoires et en enseignement sur l’autogestion de la maladie.

 

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